00 Candles

A Candlelit exhibition of seven emerging artists from New York City
Un regard éclairé à la bougie sur 7 artistes émergents de New York.

Featuring the work of Jonathan Brand, Meg Hitchcock, James Reeder, Sookoon Ang, Jaclyn Conley, Stacey Watson and Siobhan McBride.

April 8th-16th
Vernisage April 8th, 6-9 pm.

Gallery Hours: 12-7 pm.
4, rue Fulton – Paris 13ème

Métro Ligne 6 > Quai de la Gare

Pascal’s 39th Pensée makes the following bold claim: ”If lightning fell on low places, etc., poets, and those who can only reason about things of that kind, would lack proofs.” This comes in the context of his ongoing contemplations concerning the differences between ”mathematical” and ”artistic” reasoning. Thus Pascal seems to be suggesting that more mathematical minds might be better suited to having such ”proofs”. But what could proofs concerning lightning (on low or any other places) possibly be? And why should one sort of mind be better at it than another? This beguiling claim and the questions it provokes serve as a loose atmosphere for the presentation of seven emerging artists primarily based in New York City. If lightning fell on low places, strange cities would emerge, diamond would transform into wood, bread would sprout crystals and all around (if only for an instant) the imagination would gain priority over the understanding. What the poets lacks in proofs, they gain in intuition, and the sculptures, paintings, prints and photographs presented here are themselves evidence of the central importance of the ineffable, unprovable, and unconscious in an evermore quantified world. The soft but dangerous light of flame is entirely appropriate for the contemplative, compelling and mysterious work of these artists, all of whom are showing in Paris for the first time.

En français

La 39e Pensée de Pascal expose la remarque suivante: «Si la foudre tombait sur les lieux bas, etc., les poètes et ceux qui ne savent raisonner que sur les choses de cette nature, manqueraient de preuves.” Ceci s’inscrit dans le cadre de ses contemplations concernant les différences entre le raisonnement «mathématique» et «artistique ». Pascal semble ainsi suggérer que les esprits plus mathématiques pourraient être mieux adaptés pour obtenir de telles «preuves». Mais que peuvent-être ces preuves concernant la foudre (sur les lieux bas ou en tout autre lieu)? Et pourquoi un esprit serait-il mieux disposé qu’un autre pour obtenir de telles preuves?

Cette revendication déroutante et les questions qu’elle suscite offrent une ambiance de fond pour la présentation de sept artistes émergents de New York. Si la foudre tombait sur les lieux bas, des villes étranges émaneraient, les diamants se transformeraient en bois, le pain germerait de cristaux, et tout autour (si ce n’est que pour un instant) l’imagination prendrait le dessus sur la compréhension. Ce que les poètes manquent en preuves, ils le gagnent en intuition, et les sculptures, peintures, estampes et photographies présentées ici sont elles-mêmes la preuve de l’importance centrale de l’ineffable, de l’indémontrable, et de l’inconscient dans un monde toujours plus quantitatif. La lumière douce mais dangereuse de la bougie met en valeur les oeuvres contemplatives, captivantes et mystérieuses de ces artistes, qui exposent tous à Paris pour la première fois.

  Sookoon Ang Instead of the mold that one might expect to see on an old loaf of bread, Ang’s bread produces elegant crystals in a work entitled “Your love is like a chunk of gold”. The poetic and simple gesture of transforming mold into crystal suggests the alchemical power of romance, for good or for ill. Does love’s ability to change the old and moldy into the new and shiny reveal something about the folly of the lovestruck, the authoritarian and demanding nature of the lover, or, more positively, the never-timeworn theme of love conquering all (even mold!). But even leaving aside the connotations of the works’ title, the stunning contrast of the elegant and the ordinary generates a tremendous metaphorical power to move us into a place where all titles are irrelevant.
En français
A la place de la moisissure que l’on pourrait s’attendre à voir sur du vieux pain, ceux de Ang, regroupés dans une oeuvre intitulée “Ton amour est comme un gros morceau d’or”, produisent d’élégants cristaux. Ce geste simple et poétique de transformation de la moisissure en cristal suggère le pouvoir alchimique de l’amour, pour le meilleur ou pour le pire. La capacité de l’amour à transformer le vieux et le moisi en quelque chose de nouveau et brillant dévzoile la folie de l’amoureux, la nature autoritaire et exigeante de l’amant, ou, de façon plus positive, le thème jamais érodé de l’amour qui conquiert tout et par tous les temps (même la moisissure !). Mais, même en laissant de côté les connotations du titre de ces oeuvres, le contraste saisissant entre l’élégant et l’ordinaire génère une puissance métaphorique qui nous transporte dans un lieu où les titres n’ont peu d’importance.
  Jaclyn ConleyChildren, generally well known sites of uninhibited emotional outburst, are here presented at close range in considerable repose. Groggy, dazed, sleeping, passed out, or perhaps even unconscious (or worse), Conley’s children portray a range of emotional complexity far out of keeping with their more docile postures. How exactly this works is a bit of a mystery, but it must have something to do with the extremely confidant brushwork that Conley has developed. Walking a tightrope between nostalgia and clinical detachment, she has produced both symbols and empathetic characters simultaneously.
En français
Les enfants de Jaclyn Conley, généralement connus comme des êtres désinhibés d’explosion émotionnelle, sont ici présentés de très près, dans une extrême quiétude. Groggys, hébétés, ensommeillés, assoupis, ou peut-être même inconscients (ou pire), les enfants de Conley dépeignent une gamme d’émotions complexes, loin de leurs postures les plus dociles. Comment cela fonctionne exactement, c’est un peu un mystère, mais c’est probablement lié au coup de pinceau très sûr que Conley a mis au point. Marchant sur une corde raide entre nostalgie et détachement clinique, elle produit à la fois symboles et caractères empathiques.
  James ReederReeder’s photographs from his ongoing “cities” series are emblematic of his unique practice. Strange, translucent structures form the building blocks of these questionably Utopian scenes, while unidentifyable flotsam complicates the landscape. Anonymous figures populate many of these spaces, but seem oddly out of place, not quite capable of integrating with the constructed world. Their dream-like atmospheres suggest scenes from unwritten stories by Borges or Calvino, while collectively creating an undeniably unique vision of another world.
En français
La série de photographies de James Reeder sur les “villes” se veut emblématique de sa pratique unique. D’étranges structures translucides forment l’angle des immeubles de ces scènes utopiques douteuses, tandis que des épaves inidentifiables compliquent le paysage. Des personnages anonymes remplissent bon nombre de ces espaces, mais semblent étrangement à leur place, pas tout à fait capables de s’intégrer au monde construit. Leurs atmosphères oniriques suggèrent des passages d’histoires non écrites par Borges ou Calvino, tandis qu’elles créent collectivement une vision indéniablement singulière d’un autre monde.
  Stacey WatsonWatson’s prints, photos, sculptures, videos and installations all point to an unquenchable curiousity, a hunger for the wonderful, and a tendency to poke around in the more sinister places of the world and ourselves. Preserving a practice in the much overlooked art of etching, Watson painstakingly crafts sometimes bewildering images that allude to times, places, and stories outside our cognitive abilities. Full of a playful spirit, and sometimes suggesting a nonchalant attitude, Watson’s carefully conceived work offers a much more sustained and penetrating probe into our imaginative make-up than might initially appear. The grave and immense are encountered with sincerity, and with humility, and with a sensible sense of humor.
En français
Les gravures, photos, sculptures, vidéos et installations de Watson font preuve d’une curiosité insatiable, d’une soif pour le merveilleux, et ont une tendance à fouiner dans les endroits les plus sinistres du monde et de nous-mêmes. Préservant la gravure, pratique artistique souvent négligée, Watson confectionne laborieusement des images parfois déroutantes qui font allusion à une époque, des lieux et des histoires en dehors de nos capacités cognitives. Ludique et parfois suggérant une attitude nonchalante, le travail soigné de Watson offre une inspection de notre imagination bien plus soutenue et pénétrante qu’il n’y paraît au départ. De nombreux travaux fantasques ont été produits ces dernières années, et même si Watson conserve un côté léger, il n’est rien de superficiel. Le grave et l’immense sont exposés avec sincérité et humilité, sous-poudrés d’un zeste d’humour.
  Jonathan BrandIn 2003 Jonathan Brand sold his classic 1969 mustang coupe (which he had been painstakingly rebuilding as a hobby for years) in order to be able to afford to buy a diamond engagement ring. In 2008 he created a 1:1/25 scale model of the car with the same painstaking attention to detail. Following this, he created a series of enormously enlarged wooden diamonds, symbols of the dearly acquired engagement ring. Through their radical transformations of scale and material construction, these resulting artifacts provoke questions about value, labour, love, and exchange.
En français
En 2003, Jonathan a vendu sa Mustang coupée de 1969 (qu’il avait minutieusement rénovée pendant son temps libre depuis des années) afin d’acheter une bague de fiançailles en diamants. En 2008, il crée un modèle à l’échelle 1:1 / 25 de la voiture avec une attention extrême portée à tous les détails. Par la suite, il crée une série de diamants en bois énormément agrandis, symboles de la bague de fiançailles chèrement acquise. Au travers de ces transformations radicales d’échelle et de matériel, ces artefacts soulèvent des questions de valeur, de travail, d’amour, et d’échange.
  Siobhan McBrideLike Reeder and Watson, Siobhan McBride’s paintings push us toward the ineffable and liminal space between dreaming and waking life, though here there are hints of darker forces at work. Shadows and light, clarity and confusion, hard edge graphics and fuzzy brushstrokes — all jostle for position and thus maintain the work’s carefully balanced tensions. Tending toward the narrative, McBride’s work nevertheless also generates a deep beauty that lasts, like a kind of haunting, for long after it has been seen.
En français
Comme Reeder et Watson, les peintures de McBride nous poussent vers l’espace ineffable et liminal entre le rêve et la vie éveillée, mais avec ici des allusions sinistres sous-jacentes. Ombres et lumière, clarté et confusion, graphisme et touches hard-edge floues se bousculent et pourtant se maintiennent soigneusement en équilibre. Tendant vers la narration, l’oeuvre de McBride génère également une beauté profonde qui dure, comme une sorte de hantise, longtemps après qu’elle ait été vue.
  Meg Hitchcock If lightning fell in low places and hit the Book of John, all the letters would explode and need to be put back into order. But which order? Hitchcock’s conversions of holy texts into one another do more than suggest a fundamental equivalencey of religions. They serve to reveal some of the foundations of faith itself by highlighting the role of human language in the construction of the Word. In spite of the obviously destructive act of cutting a sacred text, Hitchcock’s entire process remains deeply respectful, curious, and sincerely engaged with the world of faith and the deeply human yearnings it represents.
En français
Si la foudre tombait sur les lieux bas et frappait sur Les évangiles selon Saint Jean, toutes les lettres exploseraient et devraient être remises en ordre. Mais quel ordre? Qu’Hitchcock convertisse un texte sacré en un autre suggère plus qu’une équivalence fondamentale entre les religions. Ces textes révèlent certains des fondements de la foi elle-même, en mettant en évidence le rôle du langage humain dans la construction de la Parole. En dépit de l’action, certes destructrice, de couper un texte sacré, le procédé d’Hitchcock reste tout à fait respectueux, curieux, et sincèrement engagé avec le monde de la foi et les aspirations profondément humaines qu’il représente.

Espace d’exposition temporaire géreusement mis à disposition par la société Eurosic.

Check out our photos from the exhibit. Also, have a look at the great write-up and interview we had with Art’ilt, including a funky video (scroll down).