Featuring the work of Bethany Fancher, Siobhan McBride, Miranda Maher, Jaclyn Conley, Stephanie Brody-Lederman, Aurélie Belair

Sept 23rd – Oct. 15th, 2011
Vernisage Sept 23rd, 6-9 pm.

Gallery Hours: 12-6 pm.
34 Rue Hélène Brion, Paris 13ème

Métro: Bibliotheque Francois Mitterand

The idea that sleep is a time of inactivity is one of the most basic and pernicious falsehoods humans have ever come to accept. When we sleep, our brains are chemically transformed into voraciously creative entities, our emotional control systems are set to overdrive, and our memories are carefully indexed and reviewed. Far from being a time of passive reflection, our nocturnal lives present us with clear evidence of the enormous creative abilities of every human alive.

Western art has held a long fascination with dreaming, perhaps most famously evident in the swirling mélange of imagery produced by the surrealists. But really what makes dreaming so compulsively interesting is not the presence of melting clocks and stilted elephants, but instead the sheer believability of the experience. We are absolutely convinced that some murderous psychopath is chasing us through a metro station and are filled with a genuine terror, or that a former lover has returned for one last fling and are filled with sincere longing, or that we are gently flying unassisted over the coast of Spain and are filled with a peculiar joy.

The artists in this exhibition all explore the emotionally turbulent worlds we create in the night, some through a direct engagement with dreaming itself and others by evoking the simultaneously murky and concrete imagery to be found there. Bravely venturing into the invisibility of the imagination, they have returned with odd souvenirs from their journey, strange totems that viewers can engage with to reactivate their own emotional and imaginative systems. Check out photos from the show.

En français

L’idée que le sommeil est généralement synonyme d’inactivité est l’une des erreurs les plus élémentaires que les humains ont été amenés à accepter. Quand nous dormons, notre cerveau est chimiquement transformé en entités à la voracité créative, nos systèmes de contrôle émotionnels sont démultipliés et nos souvenirs sont soigneusement répertoriés et examinés. Loin d’être un temps de réflexion passif, nos vies nocturnes nous prouvent clairement l’énorme potentiel de création qui réside en chacun d’entre nous.

L’art occidental a longtemps été fasciné par la notion de rêve, ce qui se retrouve peut-être, de manière plus évidente, dans les célèbres mélanges tourbillonnants de l’imagerie surréaliste. Cependant, ce qui rend le rêve si intéressant n’est pas la prolifération d’horloges ou l’apparition d’éléphants guindés, mais au contraire la crédibilité même de l’expérience. Dans nos rêves nous pouvons très bien être convaincus qu’un meurtrier psychopathe nous poursuit à travers une station de métro et de ce fait, nous nous sentons épris d’une véritable terreur ; nous sommes remplis d’un intense désir quand nous apprenons qu’un ancien amant est de retour pour un dernier flirt ; nous nous sentons légers et remplis d’une joie singulière quand nous nous retrouvons en train de voler comme un oiseau au dessus des côtes espagnoles.

Les artistes ici présentés explorent tous des mondes émotionnellement mouvementés, que nous créons la nuit, certains par un engagement direct avec le rêve lui-même et d’autres en évoquant une imagerie à la fois trouble et concrète qu’on pourrait y trouver. Ils s’aventurent courageusement dans l’invisibilité de l’imagination, partagent leur étranges souvenirs de voyages et engagent ainsi le spectateur à réactiver ses propres systèmes émotionnels et imaginatifs.

 

  Jaclyn Conley:Conley’s contribution to the exhibition comes from her series “The Social and the Domestic”. Using animal forms to metaphorically evoke complex human emotional conditions, she creates richly textured situations in which viewers discover aspects of themselves. A tiger falling through space. A goat cautiously balanced on a chair surveying the remnants of a party. A dog, standing partly in a cardboard box, turning around to look at its tail. Such images are presented in a rich and gestural display of paint, as though they originate, like dreams, in memories we can only just bring to the surface.
En français
Les œuvres de Jaclyn Conley pour cette exposition proviennent de sa série “le social et le domestique”. En utilisant des formes animales pour métaphoriquement évoquer la complexité de la condition émotionnelle humaine, Jaclyn Conley crée des situations richement texturées dans lesquelles le spectateur peut découvrir des aspects de lui-même. Un tigre tombant à travers l’espace ; une chèvre prudemment en équilibre sur une chaise survivant les lendemains d’une fête ; un chien debout à moitié dans une boîte en carton, tournant en rond pour attraper sa queue. Dépeintes d’un coup de pinceau fort et juste, ces images semblent, tout comme les rêves, provenir de ces souvenirs que nous pouvons à peine faire émerger.
  Bethany Fancher:Fancher’s mysterious wooly creatures are not aliens from another planet, but beings from a fantasy of unconsciousness. Generally lacking in sensory equipment, these ambiguously gendered creatures still communicate pleasure, displeasure, fear, glee, lust, and all the other emotions that bedevil humankind. They are the sort of permanent residents of the onierosphere, creatures of pure imaginative force, posing, mewling, puking, stretching and morphing into objective incarnations of our secret inner lives.
En français
Les mystérieuses creatures de laine de Bethany Fancher ne proviennent pas d’une autre planète, mais sont bel et bien des fantasmes de l’inconscient. Généralement manquant d’équipement sensoriel, ces créatures au genre ambigu, communiquent très souvent plaisir, dégoût, joie, peur, luxure, et toutes les autres émotions qui perturbent l’humanité. Résidents permanents de la onirosphère, ces pures créatures de la force imaginative posent, miaulent, vomissent, s’étirent et se transforment en incarnations objectives de notre vie secrète intérieure.
  Stephanie Brody-Lederman:Pushing deep into the symbolic and the abstract, Brody-Lederman’s paintings melt and swirl with patches of color and texture and fog. Soft, vague landscapes are sparsely populated with repeated motifs which accumulate interpretive possibilities from painting to painting. Fragmentary texts, though suggesting a solid foothold, only make the overall situation more complex and remote. In the end, we must gaze at these paintings from a distance, experiencing them in their entireties rather than analyzing their details. In this way the work captures perfectly the overall atmosphere of our nocturnal lives, that sense of powerful feelings one cannot put a finger on.
En français
Tendant davantage vers le symbolique et l’abstrait, les peintures Brody-Lederman mélangent et font tourbillonner des taches de couleur, différentes textures et brouillard. Ces doux paysages, relativement vagues, sont peuplés de motifs qui se répétent et qui accumulent les possibilités d’interprétation d’une peinture à l’autre. Les fragments de textes, bien que suggérant une base solide, ne rendent la situation que plus complexe et lointaine. En fin de compte, nous devons regarder ces peintures à distance, les éprouver dans leur intégralité plutôt que d’analyser leurs données. De cette façon, ce travail reflète parfaitement l’atmosphère générale de nos vies nocturnes, ce sentiment de de puissantes emotions sur lequel nous ne pouvons pas vraiment mettre le doigt.
  Miranda Maher:Maher explores the oneiric world in a more deliberate way by actively using people’s dreams as source material for quasi-scientific investigation. In one series, the narrative of the dream is withheld while presenting an attempt to capture the spatial situation of the dream. These beautiful drawings are at once documents, blueprints, maps and archeological discoveries. In another series, scattered fragments of dream are carefully inscribed on the eggs of various birds, bringing together two fragile and ephemeral elements in a cordial rapprochement. Calipers grasp the eggs, suggesting the absurdity of attempts to quantify imagination while creating their own bizarre context.
En français
Miranda Maher explore le monde onirique d’une façon plus délibérée en utilisant directement les rêves des gens comme matière première à une enquête quasi-scientifique. Dans une série, le récit du rêve est retenu, tout en présentant une tentative de capture de la situation spatiale du rêve. Ces beaux dessins se veulent à la fois documents, plans, cartes et découvertes archéologiques. Dans une autre série, des fragments épars de rêve sont soigneusement inscrits sur des œufs d’oiseaux différents, rapprochant délicatement deux éléments fragiles et éphémères. Des compas saisissent les oeufs, suggèrant l’absurde tentative de mesure de l’imagination, tout en offrant un contexte unique et singulier.
  Siobhan McBride:McBride’s meticulous paintings frequently depict items from a very regular and ordinary world with great fidelity: An oven, a glowing lamp, a coffee table and couch. And yet these spaces are also strangely wrong somehow – odd forms of color, or fragments of discordant imagery interrupt the plausibility of the space. With a tremendous gift for depicting the odd with great subtlety, McBride presents a much more nuanced and sophisticated version of the uncanny than is frequently seen in the work of her peers.
En français
Les méticuleuses peintures de Siobhan McBride dépeignent fréquemment des éléments d’un monde très familier et ordinaire avec une grande fidélité: Un four, une lampe allumée, une table basse, un canapé. Et pourtant, ces espaces semblent étranges et erronés – des formes bizarres et colorées ou des fragments d’images discordantes viennent interrompre la plausibilité de l’espace. Elle décrit avec une grande subtilité l’étrange et présente ainsi une version beaucoup plus nuancée et sophistiquée de l’inquiétante étrangeté qu’on retrouve souvent dans le travail de ses pairs.
  Aurélie Belair:Gracious old sailing ships slowly enter steep sided bays. Or perhaps they are not moving at all – there are certainly no sailors visible here. Possibly they are stuck, or abandoned, or (most likely of all), the crew have been lost at sea and transformed the vessel into a magnificent ghost ship. The rich, unapologetically romantic imagery cannot help but transport us into a space between nightmare and fantasy. At the same time, the sense of the artifice of these images cannot be conveniently ignored. The “constructedness” of the image itself becomes the subject of Belair’s work, thus pointing us in opposite directions simultaneously: towards our imaginations, and yet also into the exterior world of images which make up our contemporary reality.
En français
De vieux gréements pénètrent lentement dans la baie. Ou peut-être qu’ils n’avacent pas du tout – aucun marin ne semble d’ailleurs être à bord. Peut-être sont-ils coincés, ou ont-ils été abandonnés, ou plus probablement, l’équipage s’est-il perdu en mer laissant leur navire se transformer en un magnifique vaisseau fantôme. Cette forte imagerie romantique nous transporte inévitablement vers un espace entre cauchemar et fantastique sans que nous puissions pour autant commodément ignorer le sens d’artifice de ces images. Le caractère construit de l’image elle-même devient l’objet des travaux d’Aurélie Belair, nous conduisant simultanément dans deux directions opposes: notre imagination et la foule d’images qui peuple notre réalité contemporaine.