Featuring the work of Nesta Mayo, Benoit Pype, Adaem, Marc Gourmelon, Matthew Rose, and Geraud Soulhiol

Curated by Fabienne Saque, Audrey Mattio, and Ben Evans

June 14th – July 1st
Vernissage – June 14, 7pm.

Gallery Hours: 12-6 pm.
34 Rue Hélène Brion, Paris 13ème

Métro: Bibliotheque Francois Mitterand

“Second Nature” suggests those things that have become so habitual to us that they seem innate. Habits of thought, action, or sensibility become so ingrained that we no longer notice that they are not in fact natural but instead conditioned and developed. Theodore Adorno famously developed this concept in his writing about the culture industry, describing it as the pre-constructed social and material space into which the individual must fit and conform. Contemporary residents of the West grow up in a world of IKEA furniture, concrete, television, cars and the 40-hour work week, and inevitably take such things as totally natural. Perhaps more importantly, built into this cultural environment are ideological constructions like race, gender, class and sexual identity – this is the reason why the seemingly innocuous culture industry is so crucial to investigate. Adorno’s key point was not simply that we have become alienated from the natural world of rocks, trees, animals and lightning storms inhabited by our ancient ancestors, but that this world has largely been replaced by a second, constructed world that we cannot help but accept as “natural”.
One consequence of this replacement is that our perception of the original natural world is forever to be viewed through the lens of second nature. Boundaries between the natural and cultural are no longer coherent. Yet the artists in this exhibition take this convoluted borderland as a generative space. The show brings together work in photography, drawing, collage, sculpture and mixed media, and presents a variety of aesthetic approaches. From quiet images of natural spaces interacting with human artifacts, to careful compositions that express deeply human issues by using imagery from the natural world, to complex, fragmentary collages portraying the ubiquity of second nature itself, these artists collectively explore the complexity of issues that exists at the intersection of these two worlds.

En français

La notion de “Seconde Nature” suggère que les choses qui nous sont -devenues- si familières nous semblent innées. Nos habitudes -de penser, d’agir, de ressentir- sont désormais si ancrées que nous ne remarquons même plus qu’elles ne sont pas aussi naturelles qu’elles pourraient le sembler. Elles sont, bien au contraire, tout à fait conditionnées et formatées par un environnement “culturel”. Théodore Adorno, à l’origine de ce concept -qui fait son apparition dans ses écrits sur “l’industrie de la culture”-, le décrit comme “l’espace social et matériel pré-construit dans lequel l’individu doit s’intégrer et se conformer”.


Le monde occidental est aujourd’hui régi par du mobilier suédois, des murs de béton préfabriqué, des centaines de chaînes de télévision et des semaines de 35 heures, toutes ces données qui sont aujourd’hui considérées comme tout à fait “naturelles”… Et, qui, plus important encore, s’imposent dans cet environnement déjà biaisé de conceptions idéologiques telles que race, genre, classe, identité sexuelle, etc – faisant de l’industrie culturelle un élément fondamental à explorer. Selon Adorno, l’être humain est aliéné par cet environnement fait de pierres, d’arbres, d’animaux, de tonnerre… d’éléments habités par les fantômes de ses ancêtres. Mais surtout, que cet environnement premier, primal, a largement été remplacé par un second : un monde construit qui est depuis, à son tour, assimilé comme étant de l’ordre du “naturel”.


Conséquence directe de ce remplacement, de cet amalgame : notre perception du monde naturel et originel est à jamais accessible depuis le filtre de l’objectif de cette “seconde nature”. Les frontières entre naturel et culturel ne sont désormais plus définies. Les artistes présentés abordent cette délimitation instable et nébuleuse comme un espace générateur de créativité. L’exposition rassemble une variété d’approches esthétiques de cette notion de “Seconde nature” : photographies, dessins, collages, sculptures et techniques mixtes. Des images paisibles d’espaces naturels en interaction avec des artefacts de l’homme, aux compositions soignées en opposition/en réponse à des problématiques profondément humaines en passant par une illustration du monde naturel, ou encore par, de complexes collages dépeignant l’omniprésence de la seconde nature elle-même… L’ensemble des artistes explore la complexité des questions qui résultent de la confrontation de ces deux mondes : nature et culture

  Geraud Soulhiol

With precise pencil gestures, Géraud Soulhiol crunches together the tensions between nature and culture. Electrical pylons with leafy extremities, decrepit stadiums which look like contemporary metropolises, trees in forests struggling to maintain their status as natural elements… the graphic vocabulary of Géraud Souhiol gets its source from childhood imagery and its world of possibilities. Human and natural worlds are presented in complex but playful dialogue, with the outcome always uncertain.Graduated from the fine art school of Toulouse, Géraud Soulhiol had his first solo show with Projective City in September 2011, after showing at the Salon de Montrouge. He currently lives and work in Cahors, France.

En français

Dans un élan de crayon parfaitement maîtrisé, Géraud Soulhiol croque les tensions entre nature et culture. Des pylônes électriques aux extrémités feuillues, des stades en décrépitude aux allures de métropoles modernes, des forêts d’arbres étranges luttant pour maintenir leur statut d’élément naturel… Le vocabulaire graphique de Géraud Soulhiol reprend de toute évidence l’imagerie enfantine et ses allégories fantastiques. Le doute plane sur qui, de la nature ou de l’homme prendra le dessus, la tension est perceptible. Bien que son travail semble ingénu, léger et envolé, les tracés délicats et la remarquable méticulosité du détail nécessitent une attention particulière, l’ensemble ne laisse que peu de doutes quant à la patience et la minutie qui ont animé son dessin. Un propos sensible mais affirmé aborde avec raffinement et dans une pleine conscience de son univers architectural/environnemental des questions telles que la trace laissée par l’homme sur son “décor de vie”. Issu des Beaux-Arts de Toulouse, Géraud Soulhiol a été exposé au Salon de Montrouge en 2011 et pour une première fois en solo avec Projective City en septembre de la même année. Il vit et travaille actuellement à Cahors, en France.
  Benoit Pype

With “Transitional Geographies” Benoît Pype presents us with city maps (Mexico City, Tokyo, Paris) cut into the leaves of a houseplant. Urban conduits and leaf veins are intertwined, creating new ephemeral networks. In “How to Educate Birds” he invites birds to discover both contemporary architecture and aesthetics, suggesting the necessity for birds to adapt to the changes to the natural world made by humans. With his “micro-architecture”, he models objects and furniture for organic elements, such as a bed or set of crutches for a blade of grass. The works presented here seem to gently pamper nature as a gesture of repentance. From this need to help nature adapt to our coercive force, his works reveal the absurdity and conditioning of our relationship to the natural world. His practice, consisting of simple and witty gestures, seizes us by its intelligence, its humor and poetry.

Graduating from the ENSAD in 2010, Benoît Pype recently showed in Paris at the Palais de Tokyo as part of the recent Modules program, and at the MAC of Macaray – Venezuela
En français

Avec “Géographies transitoires” Benoît Pype présente des plans de villes (Mexico, Tokyo, Paris) découpés à même les feuilles de plantes vertes. Le réseau urbain et les nervures de la feuille s’entremêlent créant ainsi des réseaux  éphémères, ouvrant vers de nouveaux possibles. Dans “Comment éduquer les oiseaux” Benoît Pype invite les oiseaux à la découverte de l’architecture et de l’esthétique contemporaines et souligne la nécessité des oiseaux à s’adapter aux changements que nous avons apportés à leur environnement. Dans ses “micro-architectures”, il modélise des objets et meubles pour éléments organiques, tels qu’un lit ou des béquilles pour brin d’herbe. Les œuvres de Benoît Pype, ici présentées, semblent vouloir délicatement chouchouter la nature comme par volonté de se repentir. Ses œuvres révèlent toute l’absurdité et le conditionnement de notre relation au monde naturel. Sa pratique, composée de gestes simples et vifs, saisit par son intelligence, son humour et sa poésie. Diplômé de l’ENSAD en 2010, Benoît Pype expose actuellement au Palais de Tokyo dans le cadre de la Triennale, au travers des Modules de la fondation Pierre Fabergé et Yves Saint-Laurent, ainsi qu’au MAC de Macaray au Venezuela.
  Marc Gourmelon

Gourmelon Marc maintains a traditional approach to photography that has become somewhat marginalized with the overwhelming popularity of digital media. All his photographs are carefully crafted silver-gelatin prints in black and white. Strongly committed to each stage of the process, this  careful and attentive approach, from finding the subject to his final print, has led him to explore atypical compositions. With this series he presents compositions in which a human artifact is framed in the center of the photograph, immersed in and surrounded by untouched nature and wildlife. While his goal is to achieve the “zero degree in composition” by only treating his subjects so, his prints invite the viewer to the world of wonders: human interventions on nature become mysterious and evoke a post-apocalyptic atmosphere, as if disconnected from the notion of time.Marc Gourmelon started photography at age 16 and graduated from the National School of Photography in Arles. He lives, works and teaches photography in the south of France.

En français

Pour Marc Gourmelon, la photographie se conjugue nécessairement avec une approche traditionaliste du média : à l’argentique et en noir et blanc exclusivement. Cette appréhension marginale d’une pratique aujourd’hui majoritairement orientée vers le numérique, implique un process sur lequel il intervient de bout en bout et au cours duquel chaque étape est parfaitement maîtrisée. Fortement attaché au processus dans son ensemble, ce cheminement minutieux et attentif au sujet et à son tirage final l’ont amené à explorer des compositions atypiques. Très « frontales » ses images mettent un élément, sorte de reliquat d’une intervention humaine sur son environnement au coeur d’une nature vierge et sauvage. S’il recherche à atteindre le “degré zéro de la composition” en prenant le parti de traiter de la sorte ses sujets, ses tirages n’en invitent pas moins à une réflexion d’ordre mystique : l’intrusion de ces traces d’humanité sur la nature  deviennent mystérieuses et évoquent une atmosphère post-apocalyptique, comme hors du temps. Marc Gourmelon a commencé la photographie à 16 ans, puis a poursuivi son apprentissage en suivant le cursus de l’ENSP d’Arles. Il vit, travaille et enseigne la photographie dans le sud de la France.
  Nesta Mayo

Mayo’s drawings often incorporate animal elements. Filleted fish, particularly flounders, comprise an entire series of her works, while dodos, fleas, and cats all play prominent roles. However, the accurate representation of the creature is of much less importance, and while the metaphorical value of such animals is undeniable, it too is of secondary importance. Rather, these forms become sites for Mayo’s wrestling with the problematic of creativity itself. Cryptic phrases, illegible writing, and everyday notes are brought together by using the animal as a formal structure, with the emphasis on the natural activity of creativity rather than the final cultural artifact.Since graduating from Hunter’s well-known MFA program in 2005, Mayo has exhibited her work at venues throughout New York including Susan Randolph Fine Art, Nurture Art, BAC Gallery, Storefront, and Kunsthalle Gallapagos, and her « flounder » series was featured in Cabinet magazine. Mayo lives in Brooklyn, New York.

En français

Les dessins de Nesta Mayo font souvent intervenir des éléments animaliers : des filets de poisson, principalement de sole, constituent une série entière de son travail. Les dodos, les puces et les chats jouent également un rôle proéminent. Cependant, la représentation détaillée de la créature est peu importante et ce, même si la valeur métaphorique de certaines de ces créatures est indéniable, elle reste d’une importance secondaire. Pour elle, ces formes deviennent des terrains de jeux grâce auxquels elle pourra interroger et donner vie à un monde intérieur. Des phrases cryptiques, mystérieuses et denses, illisibles, des bribes de notes quotidiennes sont rassemblées autour de cette idée de l’animal devenu structure formelle, avec l’emphase mise sur l’activité naturelle de la création plutôt que sur le produit final en résultant. Le “mot” culturel lui permet de “récréer” le vivant “naturel”. Depuis son diplôme des Beaux-arts de Hunter College en 2005, Nesta Mayo a exposé dans plusieurs galeries à New York incluant Susan Randolph Fine Art, Nurture Art, BAC Gallery, Storefront et Kunsthalle Gallapagos, et sa série “Flounder” (sole) a été mise en exergue dans Cabinet magazine. Nesta Mayo vit et travaille à Brooklyn, New York.

  Adaem:

Steeped in mysticism, the work of Adaem is grounded on natural elements and has a strong shamanic symbolism. Adaem’s singular practice builds a relationship with the natural world, using it as raw material for her work. Formal and aesthetic properties are discovered in-situ, and works are built around them. Influenced by her travel experiences and frequent exchanges with Africa, her work echoes astronomical and mythological references. By creating what she calls “the skins of totem animals,” she invokes ancestral animistic beliefs and glorifies primal nature, while her works bear the names of animals and evoke their silhouette. Works presented here are large scale woven installations made from fragments of wood, stone and dead skin.Adaem holds a Master of Fine Arts from the university of Montpellier and also holds a degree in art therapy. She currently lives and works between Avignon, in the South of France and the Casamance, a region in equatorial West Africa.

En français

Imprégnée de mysticisme l’oeuvre d’Adaem se nourrit d’éléments naturels et d’une forte symbolique chamanique. Adaem « tisse » dans sa pratique plastique des rapports singuliers avec la nature qu’elle utilise comme source de matière première. Ses travaux se construisent autour -et grâce- à ces rencontres formelles ou esthétiques, in-situ. Nourrie de voyages et d’échanges réguliers avec l’Afrique, sa démarche plastique est le lieu de fortes résonances astronomiques et mythologiques. Les éléments qui constituent l’essentiel de ses réalisations sont d’origine naturelle, trouvés brut et assemblés à même le lieu de leur trouvaille, souvent en forêt. En réalisant ce qu’elle appelle “des dépouilles d’animaux totems”, elle invoque des croyances ancestrales, animiques, et glorifie la nature primale, ses oeuvres portent des noms d’animaux et en évoquent la silhouette. Elle présente ici plusieurs installations de grand format tissées à partir de fragments de bois, de pierres et de peau. Titulaire d’une maîtrise d’Arts plastiques à Montpellier et diplômée en art thérapie, Adaem vit et travaille aujourd’hui entre Avignon, dans le sud de la France et la Casamance, une région équatoriale de l’Afrique de l’ouest.
  Matthew Rose

Rose’s collage work collides imagery of all kinds to form richly textured tapestries of possibility. Frequently borrowing from classic 50’s and 60’s popular culture, the work reflects our contemporary obsession with nostalgia while creating complex symbols of culture itself. The natural world appears through fragmented magazine illustrations, as one more element of cultural production, and the viewer quickly develops a sense of the inescapability of the social. Yet when given more time, the result is not a cacophony of symbolic forms, but rather a series of overlapping melodies, suggesting that while escape might not be possible, it might also not be necessary.Originally from New York, Rose has lived and worked in Paris for over 20 years and has participated in over fifty exhibitions all over Europe and the US. He is perhaps best known as the curator and developer of the immense “A Book About Death”, a postcard-art show started in 2009 in New York which has since traveled to various international venues.

En français

Les collages de Matthew Rose rassemblent des images de toutes sortes pour former des tapisseries richement texturées et ouvertes aux possibles. Festival d’une imagerie empruntant aux classiques des années 50 et à la culture populaire des années 60, son travail reflète une obsession contemporaine et nostalgique, créant ainsi de complexes symboles issus de la culture elle-même. Le monde naturel est largement représenté à travers des extraits d’illustrations de magazines. Le spectateur est rapidement convié à se rendre compte de l’inéluctabilité et de l’ascendant pris par la culture sur la nature. Si le résultat semble être une cacophonie de formes symboliques, il est, au contraire, une série de mélodies entrelacées qui invitent à penser que toute évasion est impossible, et finalement peut-être fort peu judicieuse ou nécessaire. Originaire de New York, Matthew Rose vit et travaille à Paris depuis plus de 20 ans. Il a participé à plus de cinquante expositions en Europe et aux États-Unis. Matthew Rose est également connu pour ses activités en tant que conservateur et promoteur du projet «A Book about Death » -une exposition de cartes postales d’art, initiée en 2009 à New York et qui a depuis voyagé dans le monde entier-